Le 18 novembre 2015, nous fêtons le GIS Day. Lancé par Jack Dangermond (Directeur et fondateur d’Esri) en 1999, ce rendez-vous annuel dépasse depuis longtemps la sphère des utilisateurs Esri et représente une belle occasion pour les usagers de la géomatique, au sens très inclusif, de mettre en valeur cette discipline aux multiples facettes. Néogis a choisi de célébrer l’événement sous l’angle d’une série de 5 posters cartographiques (1 par jour durant la semaine du GISday) illustrant de manière inusitée des phénomènes spatiaux, humains et physiques à l’échelle du territoire québécois.

Ce jeudi, Néogis vous propose une carte illustrant l’orientation du réseau routier comme outil d’analyse de l’aménagement du territoire.

Les cartes ci-jointes illustrent le réseau routier de différentes localités québécoises, représenté selon la cardinalité des différents tronçons. C’est donc dire que les tronçons d’une même couleur sont dans le même axe cardinal, à savoir Nord, Sud, Est, Ouest ou tout autre azimut intermédiaire. Bien que visuellement esthétique, cet effort de datavisualisation permet de décrire en un coup d’oeil l’influence qu’ont subi ces municipalités en regard à l’aménagement de leur territoire.

On y note en outre:

  • Que la région de Bécancour est largement influencée par une organisation territoriale issue du régime seigneurial de la Nouvelle-France. Le rang était un mode de division des terres rurales issu du régime français. Ils étaient positionnés le long des cours d’eau, qui étaient les seules voies de communication de l’époque. Les concessions étaient en forme de rectangle très allongé et étaient placées perpendiculairement par rapport au cours d’eau. Conséquemment, le réseau routier qui découle de cette organisation territoriale se caractérise typiquement par la présence d’un chemin de front, ou chemin du Roy, qui passe sur le devant des terres agricoles, le long de la rivière et par un réseau de chemins de montée qui longent les parcelles agricoles sur leur longueur et relient le chemin de front. Des chemins secondaires, parallèles au chemin de front, relient les chemins de montée entre chaque grand rang de concessions.
  • Que Gatineau et Ottawa ont un type d’organisation de la ville typique, qualifié de plan hippodamien, en damier ou encore orthogonal. Ce type d’organisation de la ville est caractérisé par un réseau de rues rectilignes qui se croisent à angle droit, créant des îlots de formes carrée ou rectangulaire. Le plan hippodamien est typique des villes fondées sous l’influence des Européens à l’époque de la colonisation.
  • Que l’orientation générale du réseau routier de La Tuque est largement influencée par la rivière Saint-Maurice et les contraintes du relief avoisinant. La Tuque, comme tant de villes et villages du Québec a un destin étroitement lié à sa rivière. De l’époque où les trappeurs et traiteurs de la Nouvelle-France sillonnant la rivière Saint-Maurice trouvaient repère à La Tuque, jusqu’à la période faste de l’exploitation forestière qui transforma le repère en village et le village en ville, c’est l’organisation de La Tuque dans son ensemble qui est tournée vers la rivière.
  • Que le réseau routier traduit parfois l’empreinte d’Hommes qui ont façonné leur territoire comme à Ville Mont-Royal. Entrepris en 1910 sous la gouverne de Sir William Mackenzie et Sir Donald Mann, propriétaires de la Canadian Northern Railway, ainsi que de l’ingénieur en chef de la compagnie ferroviaire, M. Henry K. Wicksteed, le projet résidentiel de la Ville de Mont-Royal s’inspirait de celui de Washington, D.C., ses deux boulevards se croisant en diagonale dans un espace vert central. À ce jour, les aménagements urbains exceptionnels de Mont-Royal respectent toujours en essence les plans originaux dressés par l’architecte paysagiste Frederick Gage Todd.
  • Enfin, que dans la région de Senneterre, les chemins forestiers n’obéissent à aucune loi ni aucun concept urbanistique. Cependant, ceux-ci suivent une logique économique déterministe fondée sur l’accès à la ressource, le déplacement des travailleurs forestiers et le transport des bois récoltés. De nos jours, et au-delà de leur vocation première, ces chemins offrent un accès facilité à la forêt pour de nombreux usagers (pompiers, chasseurs, pêcheurs, cueilleurs, usagers du récréo-tourisme, etc.).

L’idée originale est de Stephen Von Worley qui a réalisé cet exercice en 2014 pour une dizaine de métropoles mondiales, dont Paris, New York et Tokyo. Les données utilisées proviennent des fichiers du réseau routier de Statistique Canada (2015), disponibles en ligne et gratuitement.

Pour télécharger une version allégée de l’affiche (0.57 Mo) : 20151118_GISDay_Azimuth_72dpi.png

Pour télécharger l’affiche en pleine résolution (39.4 Mo) : 20151118_GISDay_Azimuth_300dpi.pdf

L'orientation du réseau routier comme outil d'analyse de l'aménagement du territoire

L’orientation du réseau routier comme outil d’analyse de l’aménagement du territoire